Le seuil légal d’alcoolémie en France est fixé à 0,5 g par litre de sang, soit 0,25 mg par litre d’air expiré. Pour les conducteurs en permis probatoire, ce seuil descend à 0,2 g/L de sang (0,1 mg/L d’air expiré). Chaque dose standard d’alcool consommée élève le taux de 0,20 à 0,25 g/L en moyenne, mais la cinétique varie selon le poids, le sexe et la prise alimentaire.
Loi RIPOST : nouvelles peines maximales pour alcoolémie délictuelle
La loi du 9 juillet 2025 a modifié l’article L234-1 du Code de la route. Pour une première infraction délictuelle (taux supérieur ou égal à 0,8 g/L de sang), la peine maximale atteint désormais 3 ans d’emprisonnement et 9 000 euros d’amende.
Ce rehaussement du quantum s’inscrit dans le dispositif RIPOST, qui a revu à la hausse l’ensemble des sanctions applicables aux infractions routières graves. La plupart des fiches accessibles en ligne n’intègrent pas encore cette mise à jour, ce qui fausse la perception du risque pénal réellement encouru.
Sanctions selon le taux d’alcool au volant : contravention ou délit
Le basculement entre contravention et délit se joue à 0,8 g/L de sang (0,4 mg/L d’air expiré). Les régimes juridiques applicables de part et d’autre de ce seuil n’ont rien de comparable.
Taux entre 0,5 g/L et 0,8 g/L : contravention de 4e classe
Un taux compris entre 0,5 et 0,8 g/L de sang relève de la contravention. Les sanctions encourues sont les suivantes :
- Amende forfaitaire de 135 euros (minorée à 90 euros en cas de paiement rapide, majorée à 375 euros en cas de retard)
- Retrait de 6 points sur le permis de conduire
Le retrait de points s’applique automatiquement dès l’enregistrement de l’infraction, sans qu’une contestation n’en suspende l’effet. Pour un titulaire de permis probatoire disposant de 6 points, cette seule contravention provoque l’invalidation totale du titre.

Taux supérieur ou égal à 0,8 g/L : délit pénal
À partir de 0,8 g/L de sang, la qualification passe au délit. Le conducteur fait l’objet d’un placement en garde à vue et d’une comparution devant le tribunal correctionnel.
Depuis la loi RIPOST, les peines encourues atteignent 3 ans d’emprisonnement et 9 000 euros d’amende, accompagnés d’un retrait de 6 points. Le juge peut aussi ordonner l’immobilisation ou la confiscation du véhicule, l’installation d’un éthylotest anti-démarrage (EAD), un stage de sensibilisation à la sécurité routière aux frais du conducteur, ou une interdiction de conduire certains véhicules.
Récidive d’alcool au volant : le régime aggravé
La récidive légale suppose une nouvelle infraction délictuelle commise dans les 5 ans suivant une condamnation définitive pour un délit de même nature. Le cadre pénal change alors de dimension.
Les peines maximales sont doublées : 6 ans d’emprisonnement et 18 000 euros d’amende. L’annulation du permis devient automatique. La confiscation du véhicule est obligatoire, sauf décision spécialement motivée du tribunal.
Nous rappelons que la récidive légale (même qualification pénale dans le délai de 5 ans) se distingue de la simple réitération. Seule la première déclenche le doublement des peines. Un conducteur condamné pour une contravention d’alcoolémie (entre 0,5 et 0,8 g/L) puis contrôlé au-delà de 0,8 g/L ne se trouve pas en récidive au sens strict, mais le tribunal prend en compte cet antécédent dans le prononcé de la peine.
Permis probatoire et alcool au volant : seuil abaissé à 0,2 g/L
Tous les titulaires d’un permis probatoire (jeunes conducteurs, mais aussi toute personne repassant le permis après annulation) sont soumis à un seuil de 0,2 g/L de sang, soit 0,1 mg/L d’air expiré. Concrètement, un seul verre standard suffit à franchir cette limite.
Entre 0,2 et 0,5 g/L, le conducteur en période probatoire commet une contravention spécifique : 135 euros d’amende forfaitaire et retrait de 6 points. Avec un capital de 6 points la première année, cette infraction unique invalide le permis.

Conséquences sur l’assurance auto après une infraction d’alcoolémie
Une condamnation pour alcool au volant donne à l’assureur la faculté de résilier le contrat à l’échéance ou d’appliquer une surprime. En cas d’accident survenu sous l’emprise de l’alcool, la garantie conducteur et les dommages au véhicule assuré peuvent être exclus, y compris sur un contrat tous risques.
Le conducteur condamné se retrouve alors orienté vers des assureurs spécialisés dans les profils résiliés, à des tarifs sensiblement majorés. Cette surprime peut peser sur le budget pendant plusieurs années après la condamnation.
L’alcoolémie au volant demeure l’une des premières causes de mortalité routière en France. Les sanctions ont été alourdies par la loi RIPOST de 2025, et le régime de récidive laisse peu de latitude au juge. Un conducteur contrôlé à 0,5 g/L perd 6 points et paie 135 euros d’amende. À partir de 0,8 g/L, il encourt une peine de prison, la perte de son permis et la confiscation de son véhicule.

